Me Cuesta, le nouveau single de Be My Wife, fait partie des morceaux qui n’épousent aucune tendance. L’artiste argentin Federico Nessi, installé à Paris, y déploie une matière sonore en constante mutation entre post-punk, groove inquiet et électro désaxée. Rien n’est lisse, rien n’est gratuit. Juste un cri retenu, mis en boucle, qui explose lentement sous la surface. C’est notre découverte du jour sur Hits Actus !
Le morceau avance masqué. Pop, en apparence. Funky, sur le fond. Mais derrière cette légèreté apparente, quelque chose se fissure. Me Cuesta, c’est à la fois un baiser et un adieu, un morceau qui serre et qui griffe, une déclaration d’amour rageuse adressée à un pays d’origine devenu presque étranger. Federico Nessi, après deux décennies passées entre les États-Unis et la France, revient à son Argentine intérieure avec une intensité trouble. On y sent l’exil émotionnel, la nostalgie sans folklore.
On entre dans une transe hypnotique où chaque synthé semble surgir d’un souvenir un peu flou. On pense à Bowie bien sûr dont Be My Wife porte le nom comme un manifeste esthétique. Mais aussi à LCD Soundsystem, à Suicide, à une certaine manière d’envisager la musique comme tension permanente entre le corps et l’esprit.
Réalisé par Antoine Asseraf, le clip qui accompagne Me Cuesta ajoute à la musique une matière visuelle spectaculaire, presque hallucinée, qui joue sur les strates du souvenir et de l’identité. Loin d’un décor, c’est un miroir brisé tendu à l’auditeur.
Avec ce nouveau single, Federico Nessi travaille la matière du trouble, de l’ambivalence, de ce qui dérange ou bouleverse. Et dans ce désordre parfaitement maîtrisé, il fait entendre une voix singulière, urgente, impossible à ignorer.
L’EP est annoncé pour la rentrée. S’il est à l’image de Me Cuesta, il faudra s’y préparer : la claque sera belle !
En attendant à vos streams, partez !

