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Ensemble Myrtho imprime leur empreinte dans les bacs avec « Au Gré d’Eros »

Au Gré d’Eros, premier opus de Ensemble Myrtho, se positionne comme appartenant à ces rares disques qui ne cherchent pas l’effet, mais l’écho. Celui du cœur, des racines, des temps anciens.

Fraîchement paru aujourd’hui, ce recueil de onze pièces se vit comme une véritable traversée sensorielle, un fil tendu entre les rives de l’Orient et de l’Occident. Le leitmotiv de la DA est organique : la musique n’est pas un décor mais une langue ancienne, parlée par les pierres, les vents marins, les souvenirs d’îles oubliées.

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Une alchimie fragile mais flamboyante

Derrière ce premier album se cache une formation atypique, un quatuor dont la complicité est palpable. Pas de virtuosité ostentatoire ni de démonstration technique : tout est nuance, suggestion, invitation. Le chant de Laetitia Marcangeli se pose comme une confidence, soutenu par le souffle chaud du santour par Pierre Blanchut, les frottements graves du kemençe d’Istanbul par Raphaël Sibertin-Blanc et la vibration tellurique des percussions par Timothée Tchang Tien Ling. Rien ne force, tout s’accorde.

Des histoires d’amours perdues, de départs au crépuscule, de sérénades sous les balcons d’Andalousie. Ils glissent d’une langue à l’autre, d’un rivage à l’autre, comme on passe d’un rêve à un autre sans jamais vraiment se réveiller.

« Rossignolet du bois » : dernier chant avant le silence

Il y a dans cet album composé de 11 titres des instants suspendus, mais Rossignolet du bois, qui le clôt, semble fait d’un autre tissu. Cette vieille chanson du Quercy, reprise dans une version à la fois dépouillée et bouleversante, sonne comme un adieu. Ou un souvenir qu’on n’a jamais vécu mais qu’on porte quand même au fond de soi.

Le clip réalisé par Julien Bresson vient prolonger cette sensation de flottement : tout y est suggéré, jamais imposé. Les images suivent le fil invisible de la musique, comme un rêve fiévreux qu’on tente de retenir au réveil.

Une offrande aux dieux de l’amour et de la mémoire

Au Gré d’Eros ne se veut ni nostalgique, ni muséal. Il ne ressuscite pas le passé : il le transforme en présence. L’ensemble puise dans les textes de Sapho, dans les complaintes populaires, dans les romances sans âge, pour tisser une œuvre profondément ancrée dans notre époque – une époque qui a peut-être plus que jamais besoin de lenteur, de beauté, de rituel.

Ce disque est une offrande. À l’amour, bien sûr, celui qui brûle et celui qui console. Mais aussi à l’écoute. Une écoute fine, attentive, patiente. Celle qui nous relie à ce que nous croyions perdu !


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