François Fougère avait 19 ans quand il est monté à Paris rencontrer Michel Berger. Il voulait lui proposer un projet, il avait du talent, de l’envie. Michel Berger était débordé, trop pris. Ça ne s’est pas fait. François est rentré chez lui. Fin de l’histoire. Enfin non, justement.

Son nouveau single s’appelle Des portes fermées et il parle exactement de ça. De toutes ces fois où tu frappes et personne ne répond. De ces moments où tu te dis que peut-être, cette fois, ça va marcher. Et non. La porte reste fermée. Et tu vois le type d’à côté passer sans même avoir à frapper, juste parce qu’il connaît quelqu’un, juste parce qu’il a le bon nom, le bon réseau, la bonne tête.
C’est injuste, c’est violent, et François le chante sans apitoiement. Il n’en veut à personne et se positionne dans le constat. Certains ont des portes qui s’ouvrent toutes seules. D’autres passent leur vie à se les prendre dans la gueule. Le mérite n’a rien à voir là-dedans, et on le sait tous au fond.
Il a fallu qu’il s’achète son propre studio en 2008, qu’il apprenne tout seul, qu’il sorte six albums dans son coin, depuis sa campagne. Parce que l’industrie ne l’a jamais attendu. Il écrit, compose, enregistre, mixe, produit. Tout. Seul. Non pas par choix esthétique, mais parce que les portes ne se sont jamais ouvertes.
Des portes fermées est loin d’être un règlement de comptes. C’est juste la vérité dite simplement.
Ce single arrive pile au moment où tout le monde parle de démocratisation culturelle, d’accès pour tous, de diversité. Fougère rappelle l’envers du décor : la succession infinie de portes closes, l’épuisement de frapper sans que rien ne s’ouvre, la violence douce de l’exclusion polie.
A vos streams, partez !

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