Entre échecs commerciaux, fermeture d’entreprise et déboires judiciaires, le rappeur de Boulogne vit un été très compliqué.
Un featuring qui tourne au fiasco : l’affaire Désiré Doué
Dans le microcosme impitoyable du rap français, l’été 2025 restera gravé comme celui de la grande déroute de Booba. Habitué aux polémiques et succès savamment orchestrés, le rappeur de 47 ans découvre aujourd’hui l’amertume de l’indifférence. Censé rendre hommage au prodige du PSG qu’est Désiré Doué, son dernier titre DD illustre parfaitement cette nouvelle réalité : un silence assourdissant qui résonne comme un camouflet. Une première pour cet artiste a qui tout a toujours réussi !
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Là où le DUC espérait sans doute capitaliser sur la popularité montante du jeune footballeur, il n’a récolté qu’un mutisme total. Pire encore, cette stratégie marketing ratée a réveillé ses plus féroces détracteurs. Rohff, son éternel rival, n’a pas tardé à dégainer ses accusations d’achat de streams. Cette pratique que Booba dénonçait pourtant chez ses concurrents. Gims, de son côté, s’est fendu d’une ironie mordante sur les « succès » asiatiques du rappeur. Quant à Kaaris, fidèle à sa réputation de provocateur, il a conclu d’un lapidaire « Bien fait pour toi » qui en dit long sur l’état des relations dans le rap game français.
Starting Blok : l’agence d’influence qui devait révolutionner le secteur
Mais c’est dans les méandres judiciaires que se joue le véritable drame de cette descente aux enfers. Starting Blok, l’agence d’influence créée en novembre 2023 avec Anne Cibron et Claire Dabrowski, vient de connaître une fin brutale. Le 3 mars dernier, le tribunal de commerce de Paris a prononcé sa liquidation judiciaire, mettant un terme définitif à ce qui devait être l’alternative éthique aux pratiques douteuses du secteur.
L’ironie est cruelle pour celui qui s’était érigé en justicier des réseaux sociaux. Starting Blok se voulait l’antithèse des agences traditionnelles, prônant une influence « positive » et « vertueuse ». Des marques prestigieuses comme le Louvre, Intel ou Sephora avaient pourtant fait confiance à cette structure naissante. Mais derrière les beaux discours, la réalité économique s’est imposée avec violence : 210 000 euros de dettes ont eu raison des ambitions révolutionnaires.
Les associés sortent du silence : « Ils n’étaient pas dans l’opérationnel »
Claire Dabrowski, qui détenait 42,5% des parts de l’entreprise, ne mâche pas ses mots. Sa charge contre Booba et Anne Cibron est sans appel : « Ils n’étaient pas dans l’opérationnel. » Une phrase qui résume à elle seule les tensions internes qui ont miné l’entreprise dès ses premiers mois d’existence.
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Cette révélation éclaire d’un jour nouveau l’engagement réel du rappeur dans son projet d’agence. Habitué aux grandes déclarations sur les réseaux sociaux, Booba semble avoir négligé l’aspect concret de la gestion d’entreprise. « Je pense qu’on a été un peu naïfs », reconnaît Claire Dabrowski, admettant implicitement que l’association avec la star du rap français n’a pas apporté les résultats escomptés.
Le silence révélateur d’un empire qui s’effrite
Face à cette débâcle, le silence de Booba détonne. Lui qui n’hésite jamais à alimenter les polémiques sur Twitter ou Instagram reste étrangement muet sur la fermeture de Starting Blok. Cette discrétion inhabituelle traduit-elle une prise de conscience tardive des limites de sa stratégie de communication ?
Car au-delà de l’échec entrepreneurial, c’est tout un système qui s’effondre. Booba, qui s’était donné pour mission de « mettre le chaos » dans l’univers des influenceurs, notamment en s’attaquant à Magali Berdah et Shauna Events, voit aujourd’hui ses propres projets sombrer. Pendant que son agence fermait ses portes, Magali Berdah, elle, consolidait progressivement ses positions, transformant la vendetta personnelle du rappeur en boomerang judiciaire.
Justice : les affaires s’accumulent pour le DUC
Mis en examen depuis 2023 pour cyberharcèlement envers Magali Berdah, il a également été condamné en mai dernier pour procédure abusive. Ces déboires judiciaires s’accumulent au moment même où sa crédibilité artistique et entrepreneuriale vacille.
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L’été 2025 marque peut-être la fin d’une époque pour le rap français. Celle où Booba régnait en maître sur les polémiques et les clashs, transformant chaque sortie médiatique en événement. Aujourd’hui, face à l’indifférence de Désiré Doué, aux sarcasmes de ses rivaux et à l’échec de Starting Blok, le roi autoproclamé découvre la solitude du pouvoir déclinant.
Reste à savoir si le DUC saura rebondir de cette série noire ou si 2025 sonnera définitivement le glas de son hégémonie sur le rap game français. Une chose est sûre : l’empire Booba traverse sa plus grave crise depuis ses débuts. Et cette fois, les joutes sur les réseaux sociaux ne suffiront pas à inverser la tendance.


