Lavender dévoile Épée de Damoclès un nouveau morceau hybride, nouvel extrait de poids d’une mixtape à venir, à la croisée du shoegaze et du digicore. Tout un programme !
Lavender poursuit une trajectoire hybride et assume pleinement le télescopage car avec Épée de Damoclès, extrait de sa prochaine mixtape, il réussi haut la main le mélange guitares shoegaze noyées de reverb et basses digicore saturées, sans forcer.
Lavender redéfini sa musique en faisant cohabiter les styles
Sur le papier, le mariage semblait risqué. Le shoegaze traîne son héritage contemplatif, brumeux, presque immobile. Le digicore, lui, vit dans l’urgence numérique, les 808 compressées et l’autotune poussé jusqu’à la fracture. Cette fusion raconte quelque chose de très actuel à savoir une mélancolie héritée mais vécue à travers des outils ultra contemporains. Les références sont claires entre Slowdive, Bladee, Quannnic et se diluent dans un langage personnel, moins citationnel que générationnel.
« Bien entendu, Épée de Damoclès fait référence à cette fameuse épée suspendue par un crin de cheval au-dessus de Damoclès, métaphore du danger permanent qui guette même dans les moments de confort apparent. » – Hits Actus
Lavender annonce la couleur pour un projet d’envergure et parle d’un désespoir ordinaire, presque banal, celui qui ne s’effondre et dure dans le temps. Pas de grand discours ici, encore moins de solution miracle. Juste l’idée que les liens humains, aussi fragiles soient-ils, restent un refuge possible.
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Le single montre clairement que les frontières stylistiques ont cessé d’avoir du sens et que de leur friction peut naître une mélancolie nouvelle, amplifiée, lucide. Suffisamment humaine, malgré tout, pour tenir debout.
Afin d’aller plus en détails dans les coulisses de création de ce single, nous avons eu l’opportunité d’échanger avec Lavender sur son approche singulière de la musique. À quelques semaines de la sortie de sa mixtape Distance Vol.3, il revient sur ses influences éclectiques, la genèse de ce titre dédié à sa sœur, et sa volonté de transcender les étiquettes pour créer une musique qui soit avant tout le reflet sincère de son époque et de ses émotions.
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Rédaction Hits Actus : Hello l’artiste, merci de nous accorder ce focus exclusif autour de cette fraiche release. Le shoegaze et le digicore semblent a priori incompatibles. Comment as-tu eu l’idée de les fusionner, et qu’est-ce qui t’a convaincu que ça pouvait fonctionner ?
Lavender : Coucou ! En France on aime bien tout mettre dans des cases. J’aime fusionner les styles. Cela est fait de manière non réfléchie. Depuis petit je baigne entre plein de styles musicaux différents. Ma mère écoutait du punk, du rock et mon père écoutait plus de la soul. Dans mon parcours musical j’ai été dans un groupe de rock, j’ai eu une longue période ou je faisais des prods trap et des sons qui se rapprochaient de Flying Lotus et toute la beat scene de Los Angeles. Quand j’ai commencé Lavender ( moment où j’ai enfin assumé ma voix ), j’ai rassemblé toutes mes influences car c’était naturel pour moi. J’aime la musique et il serait impossible pour moi de me fixer à un seul genre. J’aime appeler ce que je fais : Rock808. La musique pour moi est quelque chose de thérapeutique et c’est une sorte de journal intime où se trouvent mes souvenirs, les choses que je vis etc , l’idée donc que cela « fonctionne » ne me passe pas vraiment par la tête.
Tu cites Slowdive, Quannnic et Bladee comme influences. Ces trois univers sont très différents. Qu’est-ce qui les relie selon toi et comment tu te les approprie?
Lavender : Je suis un grand fan de Slowdive, ils font partie des instigateurs du courant Shoegaze. J’ai découvert Quannic il y a deux, trois ans avec son projet Kenopsia. Il y a une sorte de revival de l’ère Deftones mais avec des sonorités beaucoup plus électroniques. Cela m’a beaucoup parlé étant donné que je faisais ce genre de son depuis les débuts de Lavender. Je me les approprie de manière inconsciente. Tout ce que j’aime se retrouve d’une certaine manière dans mes sons mais faits à ma sauce.

« Épée de Damoclès » : cette métaphore du danger permanent qui plane. Qu’est-ce qui menace ta génération selon toi ?
Lavender : Je ne parle pas vraiment de ma génération et de menace. J’ai écrit ce morceau pour ma petite soeur qui traversait des moments compliqués pendant des années.
Tu parles de trouver refuge dans « la chaleur des liens humains ». Dans un morceau aussi vaporeux et digital, cette idée semble presque anachronique. C’est voulu ?
Lavender : Cela a été fait de manière naturelle. J’aime beaucoup les contrastes dans l’art en général. Il y a un effet de surprise que j’affectionne tout particulièrement. Mes prods sont le reflet de l’époque dans laquelle je vis. Je crois en l’importance des liens humains. L’atmosphère est morose de par le climat politique national et international, les conflits, et le lien humain est ce qui nous sauve.
Le digicore reste un genre ultra-niche en France. Tu ne crains pas de te couper d’un public plus large en l’assumant ?
Lavender : Alors je ne me considère pas du tout comme un artiste digicore. J’aime appeler ce que je fais Rock808. Une base Rock / Shoegaze avec des sonorités propre à la Trap et à la musique électronique où se posent des voix auto tunées. Ce n’est qu’une question de temps avant que ça atteigne un public plus large. On est dans une ère où tout devient hybride.
Ton arc narratif parle de désespoir mais tu refuses de sombrer dans le misérabilisme. Comment tu trouves cet équilibre entre dire la douleur et ne pas sombrer dedans ?
Lavender : Comme je l’ai dit, mes sons sont un peu comme des selfies, comme des marqueurs temporels. C’est une extension de ma personne. Quand je traverse des moments durs ou des moments de joie cela va se ressentir dans les prods et les textes. J’ai la chance d’être en bonne santé, de pouvoir manger à ma faim, d’avoir des gens qui m’aiment et qui me soutiennent, d’avoir une passion, une raison de vivre. Même si c’est la merde on garde la tête haute et on avance.

Dernier extrait avant la mixtape : qu’est-ce qu’on peut attendre pour la release de ce projet ?
Lavender : Il reste encore quelques extraits avant le drop officiel de Distance Vol.3. On peut s’attendre à du merchandising et une release party. Pour moi Distance Vol.3 est l’évolution de tous mes projets précédents. Les prods sont plus poussées ainsi que les flow et les textes. Je suis très fier de cette tape et j’ai hâte que tout le monde puisse l’écouter ainsi que la performer en live avec mon groupe.
Vous l’aurez compris, Lavender incarne cette génération d’artistes qui refuse les frontières de genre et puise librement dans des univers a priori incompatibles. Avec Distance Vol.3, il promet une évolution tant dans les productions que dans l’écriture, tout en restant fidèle à cette authenticité qui fait sa force.
En attendant nous vous conseillons fortement de rajouter Épée de Damoclès dans toutes vos playlists. A vos streams, partez !
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