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Mahmoud Mahmoud : À la recherche de sa patrie à travers le cinéma et rêvant de son prochain film “MOSHA”

Cette interview est propulsé par FilmMahmoud dans le cadre d’une collaboration promotionnelle avec Hits Actus.

Entretien exclusif avec le réalisateur égyptien Mahmoud Mahmoud

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Mahmoud Mahmoud, Réalisateur

Dans le paysage du cinéma arabe contemporain, rares sont les voix qui naissent du silence pour laisser une empreinte durable. Des voix qui ne crient pas pour être entendues, mais murmurent assez profondément pour demeurer. Parmi ces rares voix se distingue Mahmoud Mahmoud, réalisateur indépendant égyptien, membre du Syndicat des professions cinématographiques d’Égypte, de l’Académie australienne du cinéma et de la télévision (AACTA), et du Musée de l’Académie des Oscars à Los Angeles.

Mahmoud incarne une nouvelle génération de cinéastes arabes qui nagent à contre-courant du marché commercial, cherchant un langage visuel qui touche l’âme humaine plutôt que la logique du profit.

Son film acclamé « Who Hugs the Sea » (Qui étreint la mer) est devenu bien plus qu’une expérience cinématographique : une méditation sur l’absence, la mémoire et la force silencieuse du manque.

Dans cet entretien intime, il évoque la patrie, le silence, la famille, et son rêve prochain : « MOSHA », qu’il considère comme une partie de son âme.


Rédaction Hits Actus : Et votre patrie ?

Mahmoud Mahmoud : Que Dieu protège toujours notre pays. Je ne veux pas trop parler de ce que je ressens, mais malgré la dureté, les portes closes et la distance, j’aime profondément l’Égypte, avec sincérité et gratitude.

Je prie pour qu’elle reste à jamais sûre et prospère. Même la douleur est parfois une bénédiction cachée qui nous apprend à voir plus clair. À ma mère, à mon père, à ma famille, à mes amis, à mes souvenirs…

Je vous aime. Souvenez-vous de cela, toujours.

Rédaction Hits Actus : Qui est Mahmoud Mahmoud en dehors de la caméra ?

MM : J’essaie de voir la vie comme un long plan unique, rempli de silences, d’arrêts et de lumière.

Je ne sépare jamais la vie du cinéma ; l’un reflète l’autre. Les histoires les plus vraies ne s’écrivent pas, elles se ressentent. Ma mère m’a appris la patience par la douceur, et mon père, la dignité par le silence.

Ils n’ont jamais étudié l’art, mais ils ont façonné l’artiste en moi. Ils m’ont appris que la véritable mise en scène commence bien avant le tournage : elle commence dans le cœur. J’ai appris de chaque artiste du passé, et j’apprends encore de chaque être humain que je rencontre. Je crois que le véritable artiste reste un éternel élève de la vie : curieux, à l’écoute, en évolution constante par l’amour et l’émerveillement.


Rédaction Hits Actus : Votre œuvre porte toujours une profonde nostalgie. Comment définissez-vous « la patrie » ?

MM : Pour moi, la patrie n’est pas une géographie, c’est une mémoire. C’est le parfum de ceux qu’on aime et l’écho des moments qui nous ont construits. Je porte l’Égypte en moi partout où je vais.

Même lorsque je filme à l’étranger, il y a toujours une trace du pays dans le cadre , dans la couleur, dans le silence, dans les yeux des personnages. La nostalgie n’est pas une faiblesse ; c’est la preuve qu’il y a encore quelque chose de sacré vivant en nous.


Rédaction Hits Actus : Votre film « Who Hugs the Sea » ressemble plus à une méditation qu’à un film. Comment est-il né ?

MM : Il est né du silence, pas d’une idée, mais d’un moment d’immobilité. Assis devant la mer, je me suis demandé : qui étreint qui ? Sommes-nous ceux qui étreignons la mer, ou est-ce elle qui étreint notre absence ? Cette question est devenue l’âme du film. Je ne voulais pas faire un film sur la perte, mais créer une expérience à travers elle. La mer est devenue un miroir, non pas de la surface, mais de l’âme.

Rédaction Hits Actus : Comment voyez-vous le cinéma en tant qu’art ?

MM : Pour moi, le cinéma n’est pas une industrie, c’est un être vivant. Il respire, il écoute, il questionne. Un vrai film ne crie pas pour être vu, il chuchote et reste en vous longtemps après l’extinction des lumières. Le cinéma pense en images, pas en mots. Le rôle du réalisateur n’est pas d’expliquer la vie, mais de la ressentir et de capter le temps, non comme une succession, mais comme une émotion. Je dis toujours : le cadre n’est pas l’endroit où l’histoire s’arrête, c’est là où elle commence à respirer.


Rédaction Hits Actus : Et après « Who Hugs the Sea » ?

MM : Mon prochain rêve est MOSHA. Ce n’est pas un projet, c’est une partie de mon âme. L’histoire vit en moi chaque jour. Je n’ai pas encore trouvé le bon soutien arabe, même si j’ai reçu de solides propositions de l’étranger. Mais je refuse que ce film devienne la propriété d’une institution étrangère. MOSHA est ma voix, mes racines, ma mémoire. Et je sais qu’il se réalisera — parce qu’un rêve né de la vérité trouve toujours son chemin.

Je développe aussi plusieurs projets avec de grands scénaristes, des œuvres profondes et humaines, qui verront, je l’espère, bientôt la lumière. Chaque film a son temps divin , non pas le temps du marché, mais celui du ciel.


Rédaction Hits Actus : On ignore souvent que vous avez un grand sens de l’humour. Parlez-nous de votre relation avec la comédie.

MM : J’aime profondément la comédie. Pour moi, elle n’est pas l’opposé du drame, mais son miroir.

Le rire sincère révèle souvent la douleur plus que les larmes. Je travaille sur plusieurs comédies humaines non pas sur des blagues, mais sur la vie elle-même. Le genre de comédie qui te fait d’abord rire… puis réfléchir. Car l’humour, comme le cinéma, est une manière de guérir.


Rédaction Hits Actus : Quel message adresseriez-vous aux jeunes cinéastes ?

MM : N’ayez jamais honte de prier. La foi et l’art ne sont pas des opposés, ils se complètent. Gardez l’amour vivant dans tout ce que vous faites : l’amour des gens, de la famille, du métier. Restez attachés à vos racines à la gentillesse, à la compassion, à l’humilité. Soyez disciplinés, travaillez dur, avancez, apprenez sans cesse. Aidez les autres, même par un mot doux. Chaque pas vous rapproche du rêve, mais souvenez-vous : les rêves se réalisent au temps du ciel, non au temps de la terre.


Rédaction Hits Actus : Et si vous deviez vous définir en une phrase ?

MM : Je suis un réalisateur qui écoute avant de filmer, et qui croit que lorsque le cinéma est pur,

il peut toucher l’absence, parler à l’amour, et faire du lointain… une forme de patrie.


Note de la rédaction

Dans un monde cinématographique saturé de bruit, Mahmoud Mahmoud apparaît comme une voix de calme rare , un réalisateur qui transforme la nostalgie en philosophie et le silence en poésie.

Ses films ne poursuivent pas l’applaudissement, mais la vérité.

Il appartient à un mouvement que l’on pourrait appeler « Le Nouveau Cinéma Humaniste », rappelant que le cinéma n’est pas seulement un divertissement, mais un acte d’amour, de mémoire et une patrie faite de lumière.

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