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Paroles d’honneur, un média antiraciste qui ne nous dit pas tout. On vous explique !

capture décran viséo youtube Paroles d'honneur

Derrière une politique qui se revendique décolonial, antiraciste, anti impérialiste voir marxiste, Paroles d’honneur, héritier du Parti des Indigènes de la République, le PIR, cache son jeu communautariste.

Il y a une quinzaine d’années, le PIR développait la même politique: attirer les héritiers de l’immigration dans une politique qui combat le racisme. Le PIR n’est plus, mais le média/organisation Paroles d’honneur a repris le flambeau. Paroles d’honneur a même enfoncé le clou avec des productions littéraires théoriques qui appuient sur la distinction entre la population blanche et la population de couleur en France. Il y aurait une frontière entre les petits blancs et les noirs et les arabes dans ce pays. Cette théorisation et cette politique sont portées par Houria Bouteldja, déjà présente au PIR.

Des idées que le Rassemblement National ne rejetterait pas, bien au contraire ! Faire de la distinction raciale l’essence de notre société est une politique communautariste, voir même fasciste de la part de Paroles d’honneur. Ce qui revient à se tirer une balle dans le pied pour les exploités dans leur ensemble. Et à donner du grain à moudre à l’extrême droite.

Paroles d’honneur se dédouane de tout communautarisme en expliquant que leur but est que les petits blancs ouvrent les yeux sur l’impérialisme. Rassemblé les immigrés afin qu’ils ouvrent les yeux des blancs sur le capitalisme. Paroles d’honneur base sa politique de prise de conscience sur un eux et un nous raciales pour atteindre l’unité de la classe ouvrière.

Il s’agit donc bien d’une politique communautariste, cachée derrière un but communisme. Le Rassemblement National fait exactement la même chose, le marxisme en moins. L’un comme l’autre n’ont qu’une politique réactionnaire, un repli identitaire à proposer aux masses exploitées. L’unité de la classe ouvrière se fait sans besoin de ces idées dépassées et sans avenir. Heureusement, les exploités sont plus imperméables que cela.

Paroles d'honneur, capture décran d'une émission sur Youtube
Capture d’écran vidéo youtube « Paroles d’honneur »

Dans les années 80/90, l’antiracisme avait trouvé une expression politique large et nationale avec SOS Racisme et Touche pas à mon pote avec le Parti Socialiste. Dans les années 2000, le PIR avait trouvé un écho auprès de certains descendants d’immigrés, se basant en partie sur la critique de SOS Racisme qui était vu comme un moyen pour le Parti Socialiste d’attirer des votes de ces descendants d’immigrés. A notre époque, Paroles d’honneur a comme perspective d’expression politique la France Insoumise.

Ce parti est vu comme le moyen de faire entendre les intérêts des descendants d’immigrés. Voter et bien voter sont vus comme des buts politiques. La France Insoumise est le meilleur parti qui combat les politiques discriminatoires de l’Etat français et des partis politiques bourgeois. Et à l’international, il combat l’impérialisme comme on a pu le voir avec Gaza et la Palestine. Mais tout ceci est une voie de garage pour les exploités, non seulement la politique communautariste de Paroles d’honneur, mais aussi l’aspiration des votes des descendants d’immigrés par la France Insoumise, comme a pu le faire le PS par le passé.

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La politique d’alliance des bourgs et des tours est une voie sans issues pour les exploités. Seule une politique de base d’unité de la classe ouvrière tournée vers un renversement de la société capitaliste représente un avenir pour les masses. Paroles d’honneur défend une politique réactionnaire, communautariste religieuse, ses principales têtes d’affiche se réclamant personnellement de l’Islam. Le terme même de « petits blancs », relève plus de l’insulte, de l’injonction morale venant d’intellectuels, que de la notion sociologique.

Paroles d’honneur n’est ainsi que dans la continuité du PIR. Le PIR a changé de nom pour Paroles d’honneur, mais sa politique reste la même qu’il y a 10 ans. Il y a 10 ans, le PIR tentait déjà de se rapprocher de la gauche et de l’extrême gauche afin de développer ses idées au niveau électoral.

La principale différence est que Paroles d’honneur a trouvé, de nos jours, une expression politique avec la France Insoumise, qui l’accepte sans problèmes à ses côtés. La FI estime que les idées de division de Paroles d’honneur sont tout à fait acceptables dans ses rangs, dans un but électoraliste. Jean-Luc Mélenchon à abandonner des positions laicardes ces dix dernières années pour accepter des communautaristes dans les rangs de la FI, et parle d’attirer les voix des quartiers populaires qui ne votent pas.

Si la politique de Paroles d’honneur est la même que celle du PIR d’il y a 10 ans, la politique de la France Insoumise est la même que celle du PS version Touche pas à mon pote afin d’attirer des votes des français issus de l’immigration. Les deux organisations se trouvent des buts électoraux communs, Paroles d’honneur afin de faire aboutir ses idées communautaristes, la FI afin de faire aboutir ses idées de rupture avec le capitalisme.

Ces deux organisations nous refont le coup de l’antiracisme de gauche, que l’on croyait mort avec le PS. Mais les idées de la social-démocratie dépassent le simple cadavre d’une organisation, il s’agit de politiques qui peuvent être récupérer par tous ceux qui ont un intérêt à s’en revendiquer. Il ne s’agit la que du renouveau de la vieille opposition gauche/droite représenter à notre époque par la FI et le RN intégré à la droite, avec comme troisième larron la macronie, de droite elle aussi.

Plus gênant, des organisations comme le NPA, se réclamant par le passé du trotskysme, et même Révolution Permanente, qui se revendique organisation révolutionnaire, se montrent aux côtés de Paroles d’honneur. Au nom de l’antiracisme et de l’anti-impérialisme, ces organisations acceptent aussi d’être aux côtés de cette organisation communautariste. Houria Bouteldja et le PIR ont pu même à l’époque développer des idées homophobes et sexistes que n’a pas renié Paroles d’honneur.

Tout ceci nous montre à quel point le manque d’une organisation de masse de la classe ouvrière se fait sentir. Une organisation qui rassemble et unit l’ensemble de la classe ouvrière au delà de ses différences ethniques ou religieuses. Un combat large, tout aussi unitaire de la classe ouvrière, permettrait à l’ensemble de la société de croire de nouveau en l’avenir de l’espèce humaine, et renverrait les idées communautaristes et social-démocrate dans les poubelles de l’Histoire.

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