« Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années. » Vous l’avez ? Si oui, vous faites parti de l’élite, si non… Eh bien… pas grave il va peut être encore falloir pousser la maturation encore pendant quelques années. L’artiste que l’on vous présente aujourd’hui fait parti de ceux là qui ont cela dans le sang. en effet, dans le paysage musical actuel très standardisé, Richthi nous surprend avec son nouvel opus « Patchwork », un album qui porte admirablement bien son nom. Cette œuvre éclectique propose un voyage sonore à travers différents genres musicaux, tissant habilement une tapisserie sonore où se mêlent rap, pop, zouk, rock et dance.
Une Diversité Assumée
L’artiste fait preuve d’une remarquable polyvalence en proposant sept titres qui transcendent les frontières stylistiques traditionnelles. Le choix d’alterner entre français et anglais n’est pas anodin : cinq morceaux en langue de Molière côtoient deux compositions dance en anglais, Let’s Dance et Dance the night away, conçues spécifiquement pour faire vibrer les pistes de danse.
Des messages forts enjolivés par une belle musicalité
Le titre Stop se démarque particulièrement avec son approche rock engagée, dressant un constat sans concession de la situation socio-économique française. L’artiste y aborde des thématiques cruciales comme la dette publique, le déclin du système éducatif ainsi que la désindustrialisation. Un positionnement très mature, en phase avec la vision artistique de l’artiste.
L’album propose une réflexion fascinante sur notre ère numérique à travers deux versions distinctes du même texte : L’emprise du pixel et sa variante L’emprise du pixel 2 – total rebuild. Ces morceaux examinent avec finesse l’impact des technologies numériques sur notre société, tout en appelant à préserver notre humanité dans un monde de plus en plus connecté.
Entre Intimité et Festivité
La diversité de l’album se reflète également dans ses moments plus personnels. Ma lumière secrète dévoile une facette plus intime de l’artiste avec une ballade pop-rock dédiée à son épouse, tandis que « Danse sous les tropiques » nous transporte dans l’ambiance festive des Caraïbes avec ses rythmes zouk ensoleillés.
Ce qui frappe dans Patchwork, c’est la cohérence maintenue malgré la diversité des styles abordés. L’utilisation judicieuse de l’intelligence artificielle dans le processus créatif a permis à Richthi d’explorer de nouveaux horizons musicaux tout en conservant une authenticité remarquable.
L’album réussit le pari audacieux de mêler divertissement et réflexion, légèreté et engagement. Cette mosaïque musicale témoigne d’une volonté de créer un pont entre différentes cultures musicales tout en portant un regard lucide sur notre époque.
Patchwork s’impose ainsi comme un album résolument moderne, tant dans sa conception que dans ses thématiques, offrant aux auditeurs une expérience musicale riche et variée qui invite autant à la danse qu’à la réflexion.
Nous avons réussi à obtenir un échange exclusif avec l’artiste dans l’objectif d’aller encore plus dans le détail de son processus créatif !
Rédaction Hits Actus : Bonjour Richthi et merci de nous accorder cet entretien exclusif ! Entrons sans fioriture dans les détails, quelles ont été vos plus grandes difficultés et vos plus belles surprises lors de la création de cet album si hétérogène ?
Oh, merci à vous de me recevoir ! Parler de ce que je fais en tant qu’artiste, c’est toujours un plaisir, parce que j’adore ce que je fais ! Mais honnêtement, ça n’a pas été de tout repos. La première grande difficulté a été de sélectionner les idées : à la fois ce que je voulais exprimer dans les textes et les styles musicaux qui allaient accompagner ces paroles.
Par exemple, j’ai beaucoup hésité à écrire des chansons en anglais. Jusqu’ici, je n’avais travaillé qu’en français, et je craignais que ça ne déroute mon public. Mais pour deux morceaux de danse que je voulais absolument intégrer à l’album, je trouvais que l’anglais était bien plus naturel pour ce style. Alors, je me suis lancé.
Ensuite, sur chaque chanson en français, les paroles ont été un vrai défi. Trouver les thèmes et le style musical qui correspondait à chaque idée, ça allait encore, mais écrire des paroles qui collent à la fois au style, à la structure musicale, et qui permettent à l’IA de produire quelque chose de vraiment intéressant, c’était une autre histoire. Pour certaines chansons, j’ai dû revoir les paroles et la structure plusieurs fois avant d’arriver à un résultat satisfaisant.
Le meilleur exemple, c’est sans doute le morceau « Stop ». Ça a été, de loin, le titre le plus compliqué à finaliser. Les couplets sont venus assez rapidement, mais le refrain… rien n’allait ! L’IA ne produisait rien de convaincant. Je savais que le problème venait du rythme et de la structure du texte : ce que j’écrivais était joli, mais trop lisse, trop structuré, pas assez percutant ni direct. À un moment, j’ai même pensé abandonner ce titre pour l’album.
Et puis, je me suis souvenu d’une de mes idoles, Jean-Jacques Goldman. Il a un morceau de rock méconnu, « Minoritaire », que j’adore depuis toujours. Je l’ai réécouté en cherchant à comprendre ce qui faisait que cette chanson fonctionnait si bien. Les guitares, bien sûr, sont fantastiques, mais surtout, le texte est simple, direct, et le refrain accroche grâce à ses répétitions. C’était exactement l’approche qu’il me fallait pour débloquer « Stop ».
Au lieu de :
« J’ai pas peur
J’ai pas peur
J’ai pas peur
J’aime autant mes heures
J’ai pas peur
J’ai pas peur
J’ai pas peur
Un cerveau, un ventre et un cœur »
J’ai écrit :
« Stop aux dettes
Stop aux dettes
Stop aux dettes
Et stop au gâchis !
Stop aux taxes
Stop aux taxes
Stop aux taxes
Et stop aux soucis ! »
Et là, miracle ! Les propositions de l’IA sont devenues bien plus intéressantes. En quelques itérations, je suis tombé sur une version qui m’a convaincu. Après quelques ajustements dans d’autres sections pour équilibrer le tout, j’avais enfin mon morceau ! Et à ce stade, le titre de la chanson (« Stop ») s’est imposé de lui-même.
Rédaction Hits Actus : Comment avez-vous équilibré l’aspect musical et l’aspect lyrique dans cet album, surtout pour les chansons en français où les textes semblent avoir une importance primordiale ?
C’est vraiment un équilibre constant entre les deux ! Si les textes ne collent pas au style musical que vous voulez générer, l’IA ne produira rien de convaincant. Chaque style de musique a son propre rythme et exige des paroles adaptées. Et parfois, même avec de bons textes, l’IA peut peiner à offrir des résultats satisfaisants si vous ne lui donnez pas un minimum d’orientation musicale.
C’est exactement ce qui m’est arrivé avec le titre « L’emprise du pixel », le premier morceau. Les paroles étaient prêtes assez rapidement, et je savais qu’elles étaient parfaites pour un morceau de rap. Pas question d’y toucher. Mais les propositions de l’IA ne me convenaient pas : c’était plat, monotone, sans relief. Je me suis dit qu’il fallait que je définisse une direction musicale plus claire.
J’ai donc passé du temps sur mon clavier à composer une mélodie. Juste deux phrases musicales, chacune composée de 14 notes, qui servent de breaks dans la chanson. Vous voyez, cette petite mélodie qui vous reste en tête après avoir écouté le morceau ? Je suis convaincu qu’elle est inoubliable !
Une fois ces deux phrases enregistrées depuis mon clavier MIDI, je les ai transmises à l’IA, en même temps que les paroles et des instructions précises sur la voix et la structure globale. Et là, en moins de cinq essais, l’IA m’a proposé une trame complète qui fonctionnait. Après les ajustements habituels sur la structure et quelques retouches, j’avais enfin mon morceau !
Rédaction Hits Actus : « Stop » est une chanson engagée qui dénonce la situation actuelle de la France. Comment avez-vous choisi d’aborder ce sujet sensible à travers la musique ?
Très simplement, je suis préoccupé depuis longtemps par la situation de notre pays. Et, malheureusement, je crois que c’est un sentiment partagé par beaucoup de Français. Ça me peine de voir la France descendre continuellement dans tous les classements : économie, industrie, éducation… aucun domaine ne semble épargné par ce déclin.
Et pendant ce temps, nos politiques passent leur temps à se renvoyer la faute. Pour certains, c’est à cause des immigrés ; pour d’autres, ce sont les riches. Ils passent leur temps à diviser les Français : un jour, ce sont les femmes contre les hommes, un autre, les Français contre les étrangers, ou encore les pauvres contre les riches. Je ne dis pas qu’il n’y a rien à faire sur ces sujets, mais ce ne sont pas les vrais problèmes. Il faut qu’on recentre les priorités !
Comme j’écris des chansons, je me suis dit que je devais en faire une sur ce sujet, une chanson qui soit percutante, qui frappe les esprits. Je suis assez satisfait du résultat, mais j’espère surtout qu’elle ne plaira pas qu’à moi !
Ce qui serait vraiment extraordinaire, ce serait qu’elle soit écoutée et qu’elle provoque un réveil collectif. On peut toujours rêver, non ?
Rédaction Hits Actus : Les deux titres « L’emprise du pixel » abordent un thème très contemporain. Comment avez-vous vécu personnellement ces changements induits par le numérique et dans quelle mesure cela a-t-il influencé votre création artistique ?
Très bonne question ! Je suis ingénieur en informatique de formation, et depuis tout jeune, j’ai toujours été passionné par les ordinateurs. J’ai eu mon premier ordinateur à 12 ans, en 1986… autant dire que j’ai vécu tous les progrès de l’informatique et des technologies numériques depuis le début !
C’est un parcours à la fois long et court. Long, parce qu’en 30 ans, il y a eu une succession incroyable de technologies, chacune apportant son lot de nouveautés par rapport à la précédente. Ce progrès a été plutôt progressif, un pas après l’autre. Mais quand on regarde en arrière, 30 ans passent en un éclair, surtout à 50 ans comme moi. Et les changements sociétaux qu’on a vécus ont été absolument gigantesques. Si on y réfléchit bien, absolument tout a changé dans notre quotidien !
Personnellement, ces technologies ont complètement transformé ma vie. Mes journées seraient inimaginables sans elles. Elles ont bouleversé mon existence, tout comme celle de la majorité des gens, d’ailleurs.
En ce qui concerne leur influence sur ma création artistique, c’est simple : sans ces évolutions technologiques, je n’aurais pas pu devenir artiste. J’utilise l’intelligence artificielle dans mes créations, et sans cette technologie, il m’aurait fallu collaborer avec de nombreuses personnes pour arriver à un résultat similaire. À mon âge, je doute que je me serais lancé dans une telle aventure.
Donc non, je ne critique pas ces technologies. Elles nous facilitent tellement la vie qu’il serait impensable de s’en passer aujourd’hui. Mais à travers ma chanson « L’emprise du pixel », je veux aussi souligner qu’il ne faut pas perdre notre humanité dans tout ça.
Parce que, évidemment, c’est bien plus impersonnel de parler à quelqu’un derrière un écran que de se rencontrer en face à face. Les réseaux sociaux en sont un parfait exemple : on y trouve énormément de commentaires irrespectueux que personne n’oserait prononcer en direct. Alors, attention à ne pas laisser ces technologies nous déshumaniser. Gardons notre humanité, c’est essentiel !
Rédaction Hits Actus : Que pouvons nous te souhaiter pour le développement de ton projet ?
Je ne cours pas après le succès. J’ai un travail que j’aime et que je n’ai jamais quitté.
Mon souhait, c’est simplement que mes chansons soient partagées et écoutées le plus largement possible. J’aimerais qu’elles puissent apporter du bonheur à ceux qui les découvrent, qu’elles les fassent réfléchir, et qu’elles soient une source d’échange. Pouvoir en discuter, comme je l’ai fait pendant cette interview, c’est déjà une immense satisfaction pour moi !
De par ces magnifiques mots de fin, nous cloturons cet échange et vous encourageons fortement à suivre l’artiste et à écouter l’album sans médération !
A vos streams, partez !

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