Dès les premières notes de Paper Ships, on perçoit une tension singulière : celle d’un morceau qui porte à la fois la mémoire d’une histoire familiale et la volonté d’inventer un langage nouveau. Entourée de ses cousins du groupe Santabarbara, Pola Pospieszalska tisse ici une œuvre sensible où l’électro-pop se mêle à des orchestrations majestueuses signées John Altman.
Le morceau s’ancre dans une esthétique art-pop aux inflexions trip-hop, portée par la voix rétro et vibrante de Pola. Derrière elle, les frères Pospieszalski façonnent un canevas électronique dense, parcouru de rythmiques souples et de textures mouvantes. Mais c’est l’arrivée des cordes, arrangées par John Altman — figure incontournable dont la signature traverse Titanic, No Time to Die ou encore Monty Python — qui fait basculer Paper Ships dans une dimension cinématographique.
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« C’est un retour aux sources », confie Pola. Et ce retour dit beaucoup : grandir avec les musiques des années 90, jouer en famille, puis transformer ces souvenirs en une œuvre résolument contemporaine. Dans Paper Ships, les échos de Portishead ou de Massive Attack se croisent avec une écriture pop exigeante, donnant naissance à une hybridation rare, à la fois sensuelle et incisive.
En un seul titre, Pola et Santabarbara signent un manifeste discret mais déterminant : celui d’une génération d’artistes qui refuse de choisir entre la chaleur du lien familial, la rigueur de la composition et l’audace d’un son qui dépasse les frontières.
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