Accueil / MUSIQUE / Rap français / Sauveur Eloheem se démarque avec la trap metal la plus radicale du rap français à travers « Nekromantik »

Sauveur Eloheem se démarque avec la trap metal la plus radicale du rap français à travers « Nekromantik »

affiche Cover Nekromantik, Sauveur Eloheem

Sauveur Eloheem démarre l’année en fanfare et pour cause, avec son nouvel album intitulé Nekromantik, l’artiste franchit une ligne que peu d’artistes osent approcher dans le rap français et nous vous présentons cet ovni fièrement aujourd’hui sur Hits Actus !

Le titre fait froid dans le dos si on connaît la référence. Nekromantik. le film de Jörg Buttgereit est interdit dans plusieurs pays pour sa violence graphique et sa fascination morbide. L’ambiance étant posé, il est clair que Sauveur Eloheem ne cherche pas la subtilité. Composé de sept titres produits intégralement par Walk Among Kings, son nouvel album pousse le curseur jusqu’à une zone que le rap français explore rarement.

Sauveur Eloheem, Cover du single Nekromantik
Cover Nekromantik, Sauveur Eloheem

Depuis quelques mois, Sauveur enchaîne les sorties avec une régularité chirurgicale. Près des Corbeaux avec son autotune introspectif, Dexter Morgan en mode boom bap sans fioritures ou encore La Cité de Dieu plongé dans les abysses d’une adolescence cabossée. À chaque projets, il explore un registre différent, refuse de se laisser enfermer dans une formule. Sept titres. Pas un de plus. Mais c’est déjà inhabituel pour lui qui travaille généralement par EPs de trois morceaux, courts et ciselés.

Ce n’est plus du rap au sens classique mais plutot du trap metal, ce genre hybride né aux États-Unis, porté par des artistes comme Scarlxrd ou Ghostemane, qui ont compris qu’on pouvait faire du hip-hop sans aucune concession mélodique. Sauveur Eloheem mixe lui-même l’album. Il y a un propos, une ligne idéologique qui traverse l’album. Et elle tient en un mot : refus. Refus de la défonce, refus des béquilles chimiques, refus de cette culture du lean et de la weed qui a envahi le rap comme si se détruire à petit feu était devenu un passage obligé.

A lire : Les Samples dans le rap : indissociables et pourtant…

Le morceau Trash Metal cristallise cette position. Sauveur y attaque frontalement le cannabis et le sirop à base de codéine. Exit le moralisme lourd ou discours paternaliste, juste une ligne claire et tranchante à savoir le « straight-edge » comme mode de vie. Porté par Minor Threat et Ian MacKaye, ce mouvement né dans le hardcore punk des années 80 prônait la sobriété totale comme acte de résistance. Pas d’alcool, pas de drogue, pas de tabac. Garder le contrôle dans un monde qui pousse à la consommation sous toutes ses formes.

Nekromantik documente une rage, une envie de tout faire péter, de refuser les règles implicites du jeu. Ses références cinématographiques parlent d’elles-mêmes. La Cité de Dieu de Meirelles, Dexter et son tueur méthodique, maintenant Nekromantik et sa nécrophilie trash. Sauveur puise dans des œuvres qui ne font pas de cadeaux, qui montrent la violence sans la romantiser. Il applique la même méthode à sa musique sans filtre. Juste la vérité brute, même si elle dérange, même si elle fait fuir.

A lire aussi : Olivia Dean s’impose en grande gagnante des Brit Awards 2026 avec quatre trophées, c’est historique !

Reste à savoir si cette radicalité trouvera un écho au-delà du cercle restreint des amateurs de sons extrêmes. Si elle parviendra à fissurer, ne serait-ce qu’un peu, le consensus mou qui règne sur une partie de la scène rap française. Mais peut-être que ce n’est même pas la question. Peut-être que Sauveur s’en fout, de toucher large. Il construit son œuvre morceau par morceau, EP après EP, avec une logique propre qui se moque des tendances et des formats imposés.

L’album est déjà disponible sur Bandcamp, cette plateforme refuge des artistes qui refusent les compromis. Il arrivera sur les autres plateformes dans moins de 48 heures, mais on devine qu’il restera un objet à part, écouté par ceux qui cherchent autre chose que ce que le marché propose en boucle.

Découvrez maintenant l’album sur bandcamp !

Étiquetté :

Répondre

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *