Il y a dans Soaring On cette manière rare de faire respirer l’électronique autrement, loin des carcans, loin des mécaniques attendues qui transforment trop souvent les morceaux en architecture prévisible.
Dès les premières secondes, le synthétiseur de Sheila Rafferty se déploie. Les textures s’étirent, glissent, se superposent comme si elles prenaient forme à mesure qu’elles avancent. Les congas d’Ian viennent ancrer tout cela dans quelque chose de chaud, de palpable. La percussion devient un point de contact entre le monde intérieur du synthé et la matière brute du dehors.

En écoutant Soaring On, on a l’impression d’assister à une conversation silencieuse entre deux visions musicales qui refusent de se hiérarchiser. Cette absence délibérée de climax donne une respiration inhabituelle : on se surprend à écouter autrement, à prêter attention aux infimes déplacements de texture, d’espace, de lumière.
Sheila Rafferty signe une pièce qui réconcilie électronique et monde physique. Et dans ce geste patient, dans cette manière de refuser les automatismes, on voit peut-être ce que les Rafferty maîtrisent le mieux à savoir l’art de faire de la musique électronique un espace habité, traversé par le réel, ancré dans un monde qui respire encore.
A vos streams, partez !
