Extrait de l’album « Synopsis », ce morceau capte l’urgence d’une jeunesse qui avance sans demander la permission.
On pourrait croire à un énième morceau sur « les jeunes d’aujourd’hui », sauf que Stan Mathis évite habilement le piège. Là où d’autres se complaisent dans le portrait générationnel tronqué, lui tranche car la jeunesse n’a pas à justifier son existence. Elle est là, point. C’est une de nos belles découverte du jour sur Hits Actus !
Stan Mathis propose un disque qui vise haut
Synopsis affiche des ambitions massives. Sessions à Abbey Road, orchestre symphonique de Budapest, équipe technique irréprochable… tout est calibré pour impressionner. Le risque ? Que la machinerie écrase le propos. Pourtant, Mathis s’en sort. Son écriture résiste au vernis orchestral, ses mélodies échappent au format playlist-ambiante. C’est déjà ça.
Le clip de La jeunesse a tous les droits réalisé par Jolyon Perret joue la carte de l’évocation plutôt que de l’exposition. Tant mieux. À l’heure où tout doit être explicite, immédiat, consommable en trois secondes, cette retenue fait du bien. On respire.
Avant Synopsis, il y a eu des albums qui ont construit une identité solide sans faire de bruit médiatique. Plus de deux cents concerts ont forgé ce qu’on entend aujourd’hui à savoir une assurance scénique qui ne doit rien au hasard, une capacité à tenir une salle sans esbroufe ni effets pyrotechniques superflus. Parce que c’est bien de ça qu’il s’agit, maintenir une tension, une présence, sans tomber dans le cabotinage.
Derrière la provocation apparente de ce titre, il y a une vérité inconfortable qui tient à coeur à Stan Mathis. Celle qui dit que chaque génération doit arrêter d’attendre la validation de la précédente pour exister pleinement. Que la prudence est parfois un autre nom de la résignation. Que l’insolence vaut mieux que la docilité polie.
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Stan Mathis ne va pas révolutionner la chanson française à lui tout seul. Il ne prétend d’ailleurs pas le faire. Mais dans un paysage où beaucoup recyclent les mêmes formules en espérant que ça prenne, il propose autre chose.
C’est suffisamment rare pour qu’on s’y arrête. Et suffisamment solide pour qu’on ait envie de voir la suite.
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