Après son tout premier projet intitulé World First, Web7 poursuit son évolution artistique avec Wizard Child, un nouvel EP. Anciennement connu sous le nom de 7 Jaws, l’artiste confirme ici un changement d’identité assumé, à la fois sonore et conceptuel, qui l’éloigne des formats attendus pour explorer des territoires plus instables et expérimentaux.
À l’écoute de Wizard Child, Web7 navigue habilement entre rap et hyperpop, revendiquant une esthétique de l’« accident musical » plus que de la maîtrise lisse. L’EP avance par contrastes : 7am ralentit le tempo et interroge la perception du temps, tandis que no ui no bullshit s’inscrit dans une urgence nocturne, tendue, presque chaotique. Chaque morceau fonctionne comme une scène, un fragment d’un récit en perpétuelle mutation.
Si l’expérimentation est au cœur du projet, Web7 ne rompt pas pour autant avec ses racines. Sur nous on bosse, il affirme une fidélité à son cercle proche et à une logique collective : « nous on bosse, on prépare un gros coup pour la famille ». AFK marque quant à lui une volonté d’émancipation, un besoin de s’extraire des regards sceptiques et des assignations extérieures.
La transformation de 7 Jaws en Web7 traduit une recherche plus profonde, une nécessité de redéfinir son espace créatif. Wizard Child apparaît comme le produit de cette mue à savoir un projet sans concession, où l’artiste se livre sans filtre, notamment sur Tout-bas, morceau conclusif qui synthétise cette traversée intérieure.
Avec cet EP, Web7 propose une œuvre volontairement hybride qui élargit les frontières entre rap français et hyperpop. Wizard Child s’impose comme un manifeste personnel, celui d’un artiste en mouvement, décidé à repousser ses propres limites plutôt qu’à se conformer aux attentes.
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