Dans ce court-métrage saisissant d’Adrian Hui, la frontière entre la réalité et la fiction intime s’effrite, exposant les failles d’un jeune homme trop longtemps replié sur lui-même. Un film psychologiquement chargé, porté par une performance habitée de Jack Johnstone.
On entre dans Soy Boy comme on pousse la porte d’un appartement où le silence règne depuis trop longtemps. L’air y est dense, les gestes y sont ritualisés, presque sacrés. Killian, incarné avec une intensité troublante par Jack Johnstone, est ce jeune homme reclus, dont l’univers millimétré semble figé dans une forme de routine protectrice. Jusqu’à ce que des interventions aussi inattendues que dérangeantes viennent perturber ce calme apparent.

Bien qu’encore en post-production, le film s’annonce déjà comme un ovni sensoriel. Réalisé et écrit par Adrian Hui, Soy Boy explore les mécanismes de l’isolement avec une acuité rare, sans jamais céder au pathos. Au contraire, chaque séquence semble tirée d’un rêve fiévreux, où l’étrangeté s’infiltre peu à peu. Il y a cette figure de l’Astronaute (Loki Olin), presque onirique, et ce Luke (Hiiro Kawaski) qui vient interroger la réalité de Killian, comme s’il cherchait à briser un quatrième mur psychologique.
Mais c’est surtout la performance de Jack Johnstone qui aimante l’attention. Ses regards fuyants, ses micro-expressions et cette manière de traduire l’effondrement intérieur sans mots font de son interprétation un moment de cinéma brut. Un rôle d’acteur total, dont on comprend aisément qu’il soit mis en avant dans les festivals à venir.
La photographie d’Ari Isenberg n’est pas en reste : elle capte avec précision l’oppression des espaces clos, tout en insufflant une étrange lumière poétique dans les moments de bascule. La mise en scène épouse la psyché de Killian, multipliant les contrastes entre contrôle et chaos.
Soy Boy est un film sur la rupture : celle que l’on provoque, celle que l’on subit, celle que l’on attend sans le savoir. Un court-métrage profondément humain, où la psychologie devient terrain de fiction, et la fiction, miroir d’un réel trop souvent étouffé et que nous vous conseillons de rajouter dans votre liste des prochaines pépites à regarder !
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