Elle a tourné la scène la plus virale de la décennie avec de la fièvre, des douleurs dans tous les membres et un résultat de test COVID en attente. Elle refuse de commenter publiquement sa vie amoureuse depuis des années. Derrière l’icône gothique de Mercredi, Jenna Ortega mène une bataille plus intime, celle de décider seule de ce qu’elle laisse voir.
Le corps comme instrument, même quand il lâche
Il existe une scène dans la série Mercredi que des millions de personnes ont imitée sur TikTok, reproduite en cosplay, gravée dans la mémoire collective de la pop culture. La danse gothique du quatrième épisode, sur Goo Goo Muck des Cramps, est devenue un phénomène mondial. Mais ce que le grand public ignorait au moment du visionnage, c’est le contexte dans lequel elle a été filmée.
Le jour où Jenna Ortega a tourné cette scène désormais iconique, elle s’est réveillée avec des symptômes évocateurs du COVID. Elle a effectué un test, et pendant l’attente des résultats, a filmé la danse qu’elle avait elle-même chorégraphiée confirme The Hollywood Reporter. Elle a décrit la sensation d’avoir été « percutée par une voiture » et d’avoir « un petit gobelin lâché dans sa gorge en train de gratter les parois de son œsophage ». On lui administrait des médicaments entre les prises pendant qu’on attendait le résultat positif.
Ce résultat positif finit par tomber, et Ortega fut mise en quarantaine jusqu’à ce qu’elle soit de nouveau négative. Elle avait demandé à retourner la scène une fois rétablie, mais le calendrier de tournage était trop serré. Ce que les spectateurs voient à l’écran, c’est donc la prise filmée un jour de Covid déclaré.
La révélation a déclenché un débat nourri. Des fans ont estimé que la production aurait dû renvoyer l’actrice chez elle, d’autant que la scène impliquait de nombreux figurants et que la « culture du dépassement de soi » n’avait rien d’héroïque dans ce contexte. D’autres ont pointé la responsabilité des producteurs plutôt que celle de l’actrice elle-même. La société de production MGM a indiqué que des protocoles COVID stricts avaient été respectés et que, dès la confirmation du résultat positif, Ortega avait été retirée du plateau selon le magazine Billboard
Ce que cet épisode dit de Jenna Ortega, au-delà de la polémique sanitaire, est peut-être plus révélateur que n’importe quelle interview. Il dit quelque chose d’une jeune femme qui a grandi dans un milieu où le corps est d’abord un outil de production à mettre au service du rôle, du planning, de la machine industrielle et qui n’a pas encore, à vingt ans, suffisamment de recul pour s’y soustraire. Ce n’est pas un manque de caractère. C’est le résultat d’une trajectoire.

Une vie sentimentale tenue à l’écart, par principe
L’autre question que le public se pose avec une insistance croissante concerne sa vie amoureuse. Et là encore, Jenna Ortega choisit de ne rien livrer non pas par calcul d’image, mais parce que c’est une conviction ancrée.
Dans un entretien avec Vanity Fair, elle a déclaré ne pas planifier de parler de sa vie amoureuse publiquement. « C’est à moi. Quand on en sait trop sur la vie personnelle de quelqu’un, on regarde ses films et on ne voit plus que cette personne, il n’y a rien de pire ». C’est une position rare, presque anachronique à l’ère des couples-marques et des romances gérées comme des stratégies de communication.
Pourtant, la discrétion a ses limites quand les paparazzis et les fans s’organisent. Depuis la fin 2025, des rumeurs persistent autour d’une relation avec Elias Rønnenfelt, frontman du groupe punk danois Iceage. Les deux ont été aperçus à plusieurs reprises ensemble à Copenhague, notamment dans des cafés et lors de sorties loin des événements publics. Des vidéos les montrant côte à côte à l’aéroport de Copenhague en décembre 2025, en route pour Los Angeles, ont alimenté la spéculation.
Ortega est également apparue dans le clip Mona Lisa de Rønnenfelt en 2025, dans une position romantique, sans que ni l’un ni l’autre ne réponde aux rumeurs.
La controverse qui a suivi ne portait pas sur la relation elle-même, mais sur le passé du musicien. Rønnenfelt, âgé de 34 ans, a été lié dans sa jeunesse à des symboles associés à l’extrême droite dans certaines œuvres visuelles réalisées alors qu’il avait 18 ans. Dans une interview avec Pitchfork, il a reconnu ses torts. Des fans, notamment en lien avec le soutien public d’Ortega à la cause palestinienne, ont estimé que la rumeur trahissait une incohérence entre ses prises de position et ses choix personnels supposés. Encore aujourd’hui, ni l’actrice ni le musicien n’ont répondu.
L’insaisissable comme posture
Ce qui relie la scène de la danse filmée fiévreuse et le mutisme sur sa vie privée, c’est une même question de contrôle. Jenna Ortega semble avoir très tôt compris que la célébrité est d’abord un processus de dépossession dans le sens ou le corps appartient à la production, l’image appartient aux marques, le sourire appartient aux tapis rouges. Ce qu’elle peut encore garder pour elle, elle le garde farouchement.
Elle a confié au magazine Elle en 2023 que les relations l’angoissaient. « Peut-être que je suis trop obsédée par mon travail, mais l’idée d’une relation me stresse. Être aussi vulnérable avec quelqu’un, devoir apprendre à connaître quelqu’un à ce point et laisser quelqu’un me voir telle que je suis », c’était une forme d’exposition qu’elle n’était pas encore prête à assumer.
C’est peut-être là le paradoxe le plus fascinant de Jenna Ortega, une actrice capable de danser malade devant une salle pleine de figurants, de jouer la mort avec précision, de porter à elle seule le poids d’une série Netflix record mais qui considère l’intimité amoureuse comme la frontière la plus difficile à franchir. Pas parce qu’elle est froide ou inaccessible. Parce qu’elle sait ce que ça coûte de laisser entrer quelqu’un dans ce qui reste vraiment sien.
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