Avec « Viens avec moi », son quatrième album, Célestin affirme son engagement sans perdre sa malice. Entre guitares incisives et textes affûtés, le chanteur nous invite à danser sur les ruines de nos certitudes. Une de nos découvertes du jour sur Hits Actus.

Il y a quelque chose de profondément réjouissant à voir un artiste refuser la facilité car Célestin aurait pu, après le succès de Débranché, se contenter de reproduire la formule. Au lieu de ça, il empoigne ses baguettes et nous emmène ailleurs. Viens avec moi, c’est d’abord un retour aux sources : celui d’un musicien qui renoue avec la batterie, son premier amour et qui décide de reprendre le contrôle de ses arrangements.
Dès les premières notes, on comprend que ce quatrième opus marque un virage. Plus rock, plus charnu, Viens avec moi muscle le propos sans jamais l’alourdir. Derrière cette richesse sonore, on retrouve le guitariste Julien Lacharme, virtuose inspiré qui fait chanter les six cordes autant qu’il assure guitares et basses avec une précision chirurgicale.
Déjà familier des auditeurs radio depuis quelques mois, le single Eva avait ouvert l’appétit. Mais c’est avec le nouvel extrait Des Carrés Dans Des Ronds que Célestin révèle toute l’ampleur de son ambition avec une critique drôle et piquante de la société moderne, portée par des arrangements rythmés qui donnent envie de bouger.
La tendresse comme arme politique
Car oui, Célestin ne mâche pas ses mots. Écologie, politique, dérives contemporaines : tout y passe, mais toujours avec cette malice qui transforme la colère en lucidité bienveillante. Héritier assumé de la tradition chanson française, il pose ses textes affûtés sur des nappes sonores qui n’ont rien de poussiéreux. On pense à ces grands anciens qui savaient manier l’ironie sans cynisme, la révolte sans amertume.
Dans Viens avec moi, chaque titre semble tendre la main tout en pointant du doigt. C’est cette dualité qui rend l’album si attachant car on y trouve la critique acerbe et l’invitation chaleureuse, le constat désabusé et l’espoir têtu. L’album est une invitation, comme son titre l’indique. Mais une invitation exigeante, qui demande à l’auditeur de ne pas rester passif. Célestin nous tend la main, certes, mais pour nous emmener là où ça gratte, là où ça questionne.
A vos streams, partez !


