Ce lundi 27 avril, le rappeur Freeze Corleone a été condamné par le tribunal correctionnel de Nice à 15 mois de prison avec sursis, assortis d’une amende de 50 000 euros et d’une interdiction de séjour dans les Alpes-Maritimes pendant trois ans.
Le morceau “Haaland” au cœur de l’affaire
Au centre du dossier, un morceau Haaland, en collaboration avec Luciano. Un titre parmi d’autres dans une discographie construite sur la provocation, les références cryptiques et une esthétique volontairement abrasive. Sauf qu’ici, le tribunal a estimé que certaines paroles franchissaient une ligne claire, celle de l’apologie du terrorisme.
Plus précisément, la justice reproche au rappeur de s’être identifié à l’auteur de l’attentat du Attentat du 14 juillet 2016 à Nice qui avait fait 86 morts et des centaines de blessés sur la Promenade des Anglais. Une plaie encore vive, dont l’onde de choc dépasse largement le cadre judiciaire pour s’inscrire dans une mémoire collective à vif.
Absent lors de l’audience du 16 février, Freeze Corleone était représenté par son avocat, Adrien Chartron, qui a d’ores et déjà annoncé faire appel. Une suite logique dans une affaire où la défense conteste la lecture littérale de textes souvent construits sur la surenchère, l’ambiguïté et le second degré.
Face à lui, près d’une dizaine d’associations de victimes s’étaient constituées parties civiles. Le tribunal a également condamné l’artiste à verser 2 800 euros de dommages et intérêts, ainsi que 700 euros à chacune des parties civiles, au titre de l’article 475 du code de procédure pénale.
Depuis plusieurs années, Freeze Corleone occupe une place singulière dans le rap français et pousse les curseurs toujours plus loin, quitte à flirter dangereusement avec les lignes rouges. Cette condamnation vient rappeler que, dans un contexte post-attentats, certains symboles ne relèvent plus uniquement de la liberté artistique, mais d’un terrain où la justice s’invite sans détour.
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