À peine un mois après la sortie de son premier album Maturité (c’est pas trop tôt !), KeaS2 reprend le micro avec un morceau inédit qui tranche nettement avec les couleurs musicales de son précédent disque. Intitulé Violence d’État, ce nouveau single prend la forme d’une réaction à chaud face aux tensions sociales et politiques qui traversent la France actuellement.
Un positionnement musical assumé et ancré dans le réel
Il y a un mois, KeaS2 présentait Maturité (c’est pas trop tôt !), un album de quatorze titres accompagné d’un bonus qui témoignait de son retour à l’écriture après plusieurs décennies consacrées notamment à l’architecture et aux musiques électroniques. Le disque faisait la part belle à un rap aux influences old school, avec des productions variées, des touches jazzy et une attention particulière portée aux textes.
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Violence d’État emprunte une autre direction mais toujours avec le meme ancrage et pour ce single inédit, l’artiste délaisse une partie de ses habitudes musicales au profit d’une atmosphère beaucoup plus tendue.
L’artiste revendique lui-même un titre assez éloigné de son registre habituel, traduisant ainsi une colère qui ne demande qu’à sortir.
Une réaction à chaud face à la situation sociétale française
Violence d’État est né d’une réaction viscérale à l’actualité et notamment à la répression des manifestations. Derrière ce titre sans ambiguïté, KeaS2 développe une lecture critique de la situation sociale et politique actuellement en effervescence dans la conjoncture française actuelle.
Sans refréner son propos, l’artiste élargit son propos au-delà des interventions des forces de l’ordre dans les mobilisations et dénonce également ce qu’il considère comme une violence économique, qu’il associe aux orientations politiques des gouvernements successifs depuis plus de dix ans. Une manière de rappeler que, dans sa lecture des événements, la violence ne se limite aucunement aux images spectaculaires d’affrontements dans la rue.
Et dans ce sens, le traitement médiatique des manifestations occupe également une place importante dans sa démarche. KeaS2 pointe le focus sur la place accordée aux images de feux de poubelles, de casseurs et de pillages, tout cela au détriment des rassemblements pacifiques et des revendications portées par des manifestants légitimes dans leur démarche. Il interroge ainsi la façon dont le choix des images diffusées peut orienter la perception de l’opinion publique et réduire la visibilité des motifs de la contestation.
KeaS2 questionne les mécanismes politiques et médiatiques susceptibles, selon lui, de transformer une crise sociale en argument en faveur d’un renforcement de l’ordre.
Ce retour avec un morceau aussi frontal prolonge finalement une dimension déjà présente dans l’univers de KeaS2. Sur Maturité (c’est pas trop tôt !), l’artiste abordait déjà les rapports de pouvoir, les contradictions individuelles, l’écologie et les tensions géopolitiques.
Mais avec Violence d’État, le propos se resserre davantage autour d’une actualité immédiate et KeaS2 montre qu’il entend conserver une liberté de ton et de production.





