On saluait déjà cet artiste en juin dernier pour sa traversée poétique vers « l’aube d’un monde neuf » à travers Cantique II. Hugo Jardin confirme cette direction avec Rêve, deuxième titre dévoilé de son premier EP Cantique.
Hugo Jardin, un parcours hybride entre théâtre et musique
Avant de chanter, Hugo Jardin est passé par le punk, le mime et la danse butō. Cette trajectoire scénique explique une bonne partie de sa musique. Ses textes sont construits comme des scènes, avec une attention au geste et au silence qui dépasse le cadre habituel de la chanson pop. Il a déjà joué à guichets fermés au Silencio et aux Trois Baudets, deux salles parisiennes réputées pour leur exigence en matière de programmation, et sa musique a été saluée par Paris Match et Le Point avant même la sortie de son premier EP.
Cantique, cinq titres pensés comme une bascule de monde
Cantique est produit par Robin Leduc et réunit cinq morceaux : Rêve, Cantique II, Eaux Troubles, une reprise de Dumb de Nirvana rebaptisée Dumb (Idiot), et Cantique I. L’EP raconte la fin d’un monde et le début d’un autre, un fil narratif clairement assumé plutôt que suggéré en creux. Rêve ouvre ce récit en interpellant directement l’auditeur sur le monde présent, quand Cantique II projette un univers post-apocalyptique à l’aube d’une renaissance. Le choix de reprendre Nirvana au milieu de compositions originales n’est pas anodin. Hugo Jardin revendique une filiation avec le rock anglais autant qu’avec la chanson française.
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Rêve, une fusion qui tient sur trois minutes
Rêve dure trois minutes neuf. Le morceau assemble la poésie française et le rock anglais, avec des passages de soul-funk qui viennent réchauffer l’ensemble. Les cuivres et les chœurs occupent une place centrale dans les refrains, avant que la fin du morceau se déstructure volontairement, comme si la chanson perdait pied au moment où elle devrait conclure. Hugo Jardin y chante « Ouvre-les encore, fuis celui qui dort », une ligne qui résume l’intention du titre sans jamais tomber dans le slogan.
Hugo Jardin a présenté Cantique en concert au Silencio début décembre 2025, dans une salle où l’intimité du lieu sert directement son propos. Sa présence scénique, héritée du mime et de la danse butō, lui a valu des comparaisons avec Brel ou Barbara, deux références qui ne se distribuent pas à la légère dans la presse musicale française.







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