C’est la petite révolution musicale ! Selon le Financial Time, Spotify veut lancer dès le premier trimestre 2027 un service qui permettrait à ses abonnés Premium de créer leurs propres remix et reprises de chansons existantes grâce à l’intelligence artificielle. La plateforme envisagerait de présenter le service aux Grammy Awards de février et de facturer entre 4 et 5 dollars américains de plus par mois aux abonnés qui souhaitent l’utiliser. Le prix et la date de lancement ne sont pas définitifs.
Ce que les abonnés pourraient faire avec le service
Les utilisateurs pourraient transformer une chanson folk en morceau de musique électronique, modifier le style d’un titre ou produire une reprise qui donne l’impression qu’un artiste interprète la chanson d’un autre. Spotify partirait d’œuvres existantes avec l’autorisation des ayants droit.
A comparaison, les plateformes comme Suno fonctionnent différemment car elles génèrent des compositions à partir d’instructions écrites.
Universal, Merlin et Believe ont signé, Sony et Warner négocient
Spotify a déjà conclu des accords avec Universal Music Group, avec Merlin, le regroupement de maisons de disques indépendantes, et avec Believe, une société française. Les négociations se poursuivent avec Sony Music et Warner Music. Spotify veut ainsi proposer un environnement de création encadré par des licences, dans lequel les artistes gardent un droit de regard sur l’usage de leurs œuvres.
Les artistes pourraient choisir de participer ou non
L’accord d’une maison de disques ne vaut pas accord de l’artiste et bien heureusement car Spotify prévoit de laisser aux musiciens le choix de rejoindre le programme. Selon le Financial Times, Spotify et Universal multiplient les rencontres pour les convaincre et les grandes vedettes actuelles seraient plus difficiles à rallier que certains artistes installés depuis plusieurs décennies. Olivia Rodrigo, sous contrat avec Universal, a exprimé dans une récente interview au Hollywood Reporter son opposition à l’usage de l’IA dans sa propre musique.
Comment les remix seraient rémunérés
Les remix créés par les abonnés généreraient des redevances pour les artistes originaux. Spotify travaille aussi sur un système qui intégrerait ces nouvelles versions dans les listes de lecture et comptabiliserait leurs écoutes au profit des chansons originales dans les classements mais les modalités précises de rémunération restent à définir.
Gustav Söderström, coPDG de Spotify, estime que le dispositif pourrait profiter aux artistes des années 1980 et 1990. Au lieu d’attendre qu’un autre musicien reprenne leurs chansons, ils pourraient compter sur leurs admirateurs pour produire des versions inédites et générer de nouvelles écoutes. Ian Moore, analyste chez Bernstein cité par le Financial Times, table sur 7 % à 8 % des abonnés américains qui adopteraient le service de remix par IA d’ici la fin de 2028.
Une année 2026 rythmée par les mesures de Spotify face à l’IA
Ce projet s’ajoute à plusieurs annonces de la plateforme cette année. En effet, Spotify a lancé en avril le badge Verified by Spotify destiné à signaler les artistes humains. Depuis le 11 août, les artistes peuvent déclarer eux-mêmes une identité d’IA via Spotify for Artists et un badge AI Persona est appliqué depuis la mi-septembre aux comptes concernés, dont la musique est exclue des recommandations par défaut. Deezer, de son côté, a annoncé cet été recevoir près de 90 000 titres entièrement générés par IA chaque jour, d’après La Libre.
Universal publie un troisième trimestre supérieur aux attentes
Le calendrier tombe en même temps que les résultats d’Universal Music Group. Le groupe a réalisé un chiffre d’affaires de 3,394 milliards d’euros au troisième trimestre, en hausse de 11,7 % à changes constants et de 5,3 % hors Downtown, sa nouvelle filiale de services aux artistes et aux labels indépendants.
Les revenus des abonnements ont progressé de 9,5 % hors Downtown, contre 8,2 % attendus et l’Ebitda ajusté atteint 729 millions d’euros. L’action a gagné plus de 10 % vendredi à Amsterdam, à 17,46 euros, selon Option Finance. Digital Music News rapporte par ailleurs que Lucian Grainge, patron d’Universal, juge que la structure des accords avec les plateformes de streaming doit changer.
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